Les origines des incendies de forêts dans les Alpes de Haute-Provence

 
 
Dans le département des Alpes de Haute-Provence, 85% des départs de feux dont la cause est connue sont d’origine anthropique (causés par l’homme).
Feux de forêt - illustration 1 largage retardant

                                                                        largage retardant

La foudre, seule cause naturelle possible, ne concerne que 15% des départs de feux. C’est en cela que le risque incendie de forêt se différencie des autres risques « naturels ». Dans le département, une grande partie des incendies sont dus aux travaux agricoles et forestiers (presque 40% à eux deux).

L’imprudence des particuliers ou les accidents sont également des causes fréquentes (un tiers des causes), dont la plupart sont liées à l’emploi du feu (brûlage, barbecue), au jet de mégots de cigarettes ou aux dépôts d’ordures.

Autres causes importantes : la malveillance et la pyromanie (mise à feu volontaire pour environ 15% des causes identifiées), qui génèrent souvent les feux les plus grands et les plus virulents.

Les Alpes de Haute-Provence ont un taux de boisement de 52%, aux 365 000 ha de forêts il faut rajouter environ 100 000 ha de landes qui peuvent aussi participer à la propagation d’un incendie. Certaines zones sont plus exposées que d’autres, en raison des espèces végétales, de la configuration des lieux, de l’exposition au vent ou d’une urbanisation importante située à proximité des zones forestières. Les espaces couverts par la forêt méditerranéenne sont particulièrement exposés. Bien que la sensibilité des espaces naturels au feu soit plus forte dans le Sud-Ouest du département, toutes les communes du département sont, à un degré ou à un autre, concernées par ce risque.

Les trois facteurs qui se conjuguent pour propager un incendie sont :

  • un combustible (végétation forestière ou zone boisée).  Le risque est également lié à l’état de la forêt (sécheresse et entretien…) et à la nature des essences végétales (chêne vert et pin d’Alep figurant parmi les essences les plus sensibles…) ;
  • un comburant : l’oxygène de l’air. Le vent active la combustion, accélère la propagation, dessèche le sol et les végétaux. Il est imprévisible car sa vitesse et sa direction varient en fonction du relief et des conditions météorologiques ;
  • une source de chaleur : flamme ou étincelle.

Quelques incendies marquants dans le département :

  • En juillet 1982, 1 950 hectares de forêts sont incendiés dans le massif de Chamatte, autour de Saint-André-les-Alpes ;
  • Le 24 juillet 2002, le feu parcourt 620 ha sur les communes de Pierrevert, Sainte-Tulle et Corbières : cet incendie est le premier dans le département qui ait touché sévèrement des quartiers bâtis ;
  • Le 17 juillet 2003, 820 ha sont ravagés par le feu sur les communes d'Esparron, Quinson et Saint-Laurent-du-Verdon ;
  • Le 7 août 2005, 2 458 ha de forêts sont parcourus par le feu lors de deux incendies, 445 ha sur les communes de Saint-Martin-de-Brôme et Manosque entraînant la mise en sécurité de plus de 600 personnes, puis 2 013 ha sur les communes d’Esparron-deVerdon, Quinson et Saint-Martin-de-Brôme, détruisant un environnement hautement touristique et mettant de nombreuses personnes en péril.

À titre comparatif : 1 hectare = la surface d'un terrain de football et demi.

Des feux de forêt se déclarent chaque année. 96% des communes du département ont été confrontées à des feux de forêt entre 1966 et 2015, avec une moyenne de 40 feux par an dans le département. S’il n’y a eu que 2 feux en 1977, un maximum de 130 feux a été atteint en 1997. Sur cette période, la moyenne annuelle des surfaces brûlées dépasse 400 hectares, avec des variations de quelques hectares (moins de 7 ha en 2010 à plus de 2 500 en 2005).

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les causes des incendies et leur répartition dans l’année varient beaucoup :

  • Les feux ayant lieu en hiver et jusqu’au début du printemps (février, mars, avril), sont essentiellement d’origine agricole. Ils représentent un peu moins de la moitié des feux annuels et concernent plus d’un tiers des surfaces brûlées.
  • Les feux d’été représentent 38% des feux annuels et 55% des surfaces brûlées.