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Cérémonie à la mémoire des victimes de crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux Justes de France

 
 
Cérémonie  d'hommage aux Justes de France

Dimanche 19 juillet 2020, Olivier JACOB, préfet des Alpes-de-Haute-Provence, a présidé la cérémonie à la mémoire des victimes de crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux Justes de France, en présence des élus et des autorités civiles et militaires.

Instituée par la loi du 10 juillet 2000, la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat Français et d’hommage aux “Justes” de France répond au souhait de voir reconnaître officiellement la responsabilité du régime de Vichy dans les persécutions et les crimes contre les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Elle est l'occasion pour la Nation de témoigner sa reconnaissance à tous ceux "qui ont recueilli, protégé ou défendu, au péril de leur propre vie et sans aucune contrepartie, une ou plusieurs personnes menacées de génocide".

Cette journée correspond à la date anniversaire des rafles des 16 et 17 juillet 1942, au cours desquelles près de 13 000 personnes furent arrêtées dans Paris et sa banlieue dont plus de 8 000 furent regroupées au Vélodrome d'Hiver (le Vél' d'Hiv) avant d'être déportées. Elle est célébrée le 16 juillet si c'est un dimanche, ou reportée au dimanche suivant cette date.

La cérémonie s'est tenue devant la plaque du souvenir apposée sur la façade de l’Hôtel de la préfecture, à Digne-les-Bains, dans le respect des mesures de sécurité sanitaire et avec un nombre limité de participants.

À l'occasion de cet hommage, le préfet a donné lecture du message de Geneviève DARRIEUSSECQ, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants. Il a ensuite déposé une gerbe au bas de la plaque commémorative.

Message de la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées lu par le préfet :

 

16 juillet 1942. « Il est 4 heures du matin. Ils sont venus nous chercher. Je vous dis adieu. »

16 juillet 1942. « Je te fais écrire ces mots. La police est venue nous arrêter, avec tous les Juifs de la maison. On nous a enlevés, moi et mes deux enfants. Je t’écris pour te dire que nous allons être transportés au Vélodrome d’Hiver. »

Ces mots sont écrits aux aurores d’une tragédie, au petit matin d’une journée douloureusement inscrite dans notre histoire, comme une plaie vive dans notre mémoire nationale.

Ces mots sont ceux d’une adolescente de 16 ans et d’une mère de deux enfants. Ces mots écrits dans la précipitation de l’arrestation, dans la confusion de l’incompréhensible, sont à la fois simples et terribles. Ils disent la surprise, l’inquiétude et l’écroulement des certitudes. Ils disent ce que fut la Rafle du Vel d’Hiv : l’irréparable commis par l’Etat français contre des femmes, des hommes et des enfants qui avaient fait confiance à la patrie des Droits de l’Homme.

Il y a 78 ans, la France se trahissait elle-même. La police française, sur ordre de l’occupant, emmenait sans distinction les hommes, les femmes et même les enfants. Ils n’étaient coupables de rien. Ils furent traqués, arrêtés, enfermés au Vélodrome d’Hiver et à Drancy.

Avec le régime de Pétain, la folie criminelle de l’occupant avait trouvé un auxiliaire zélé. Dans Paris et sa banlieue, 13 152 personnes ont été raflées. Pour eux, l’horreur commençait pour ne s’achever qu’à Auschwitz. Aucun enfant ne revint des camps de la mort.

La Rafle du Vel d’Hiv est devenue le symbole de toutes les autres, l’emblème des persécutions menées contre les Juifs en France. En entretenant la flamme du souvenir, nous saluons la mémoire de toutes les victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français. Nous pensons également aux populations tziganes, homosexuelles, handicapées et à tant d’autres.

Lorsque l’humanité semble s’écrouler, des héros anonymes se pressent pour la redresser. Ce jour-là, des Parisiens ont sauvé des centaines de personnes. En maints endroits de France, des familles et des gens ordinaires ont accompli l’exceptionnel, en cachant et en sauvant des juifs de la persécution. Bravant les risques, ils ont incarné nos valeurs les plus précieuses. Ils sont, anonymes ou révélés, des « Justes parmi les Nations ». Cette journée nationale leur est aussi dédiée.

Dans le chemin tracé par Jacques CHIRAC et suivi par le Président de la République, notre pays regarde son histoire en face, avec clarté et vérité. C’est parce que la République connait son histoire, qu’elle sait d’où elle vient, qu’elle sera intraitable face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations.

Deux dangers nous guettent et doivent sans cesse être combattus : l’oubli et la haine.  Parce que l’oubli mène à l’indifférence, parce que la haine mène à l’affrontement, nous devons opposer à ces maux la vigilance, la connaissance et la transmission. Il y a des combats pacifiques à mener contre le négationnisme, le révisionnisme et le complotisme.

Cette journée nationale y contribue. Mais ce combat est aussi celui du quotidien, de chaque citoyen attaché aux valeurs de la République. L’esprit de vigilance doit nous animer, il doit être celui d’une jeunesse éclairée et consciente du passé.